UFC-Que Choisir de la Drôme

Commerce

Sortons la malbouffe des écrans

Trop de tentations, trop de produits trop sucrés, trop salés, sur les écrans de pub durant les émissions pour enfants et adolescents.

L’épidémie d’obésité que nous observons a de nombreux facteurs, dont un lié au temps passé devant les écrans, mais aussi à l’information diffusée par ces derniers. La loi audiovisuelle en préparation va t-elle contrôler la publicité pour la malbouffe, notamment dans les émissions jeunesse ?

C’est déjà chose faire pour les chaines de télévisions publiques et leurs sites internet. La loi Galottin du 20 décembre 2016 leur interdit la publicité alimentaire dans les émissions pour la jeunesse, mais celle-ci a été reportée au prime time, très regardé par les jeunes. La loi audiovisuelle en préparation n’élargit pas cette interdiction aux autres chaines et aux écrans quels que soient leur origine, comme le recommandent tous les spécialistes en nutrition.

Les seules mesures proposées  reposent que sur des chartes d’engagement volontaire et non contraignantes de l’industrie alimentaire. Une vingtaine de multinationales du secteur, parmi lesquelles Coca-Cola, Ferrero, Danone ou MacDonald’s ont élaboré une initiative européenne EU pledge, s’engageant à arrêter de diffuser de la publicité pendant les programmes dédier aux enfants de moins de 12 ans.

Mais cela ne suffit pas! car en sont exclus les heures de grande écoute, la publicité digitale, leur site web, le packaging, les adolescents, pourtant très influençables. Par ailleurs, sur you tube, sont diffusées des émissions comportant de la publicité déguisée, comme dans les vidéos des youtubeurs Swan et Leo, très regardées par les jeunes.

En France, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel ( le CSA) a proposé une charte alimentaire agrée par les groupes de l’audiovisuel et de l’agro-alimentaire, qui est si indigente que le ministère de la santé a refusé d’en valider la troisième mouture en novembre 2018. Il faut dire que le secteur de l’alimentation est le premier annonceur en télévision.

Quelques mesures toutefois pointent : Si l’interdiction totale proposée dans la loi anti malbouffe du 21 février 2019 n’a pas passé le cap de la première lecture à l’assemblée, un amendement visant à afficher systématiquement le Nutri-Score a été voté au parlement. Espérons qu’il finira par être adopté.

Mais l’OMS et QueChoisir veulent une réglementation stricte du marketing alimentaire, avec interdiction des messages commerciaux vantant les aliments trop gras, trop salés ou trop sucrés à destination des jeunes.

Et en attendant, fuyons toutes ces préparations industrielles et donnons à nos enfants pour leur gouter du pain et du chocolat.