UFC-Que Choisir de la Drôme

Bien-être, Commerce

Rouge à lèvres…mais à quel prix ?

L’UFC Que Choisir révèle des prix en trompe-l’œil pour les rouges à lèvres.

De 8 à 39 €, la fourchette de prix des rouges à lèvres testés est large. Mais se contenter du montant indiqué sur l’étiquette serait une erreur. D’abord parce que, même si la taille des produits semble à première vue identique, le poids des bâtons peut varier du simple au double. Et les contenances annoncées sur les références testées vont de 2g4 g à 4g5 . Dans certains cas, le fabricant ne donne même pas cette information élémentaire aux consommatrices, en s’appuyant sur la réglementation qui rend cette indication facultative en dessous de 5 g.

Même lorsque le poids est précisé, il est difficile de comparer les prix.

Contrairement aux produits d’hygiène de base, le maquillage n’est pas concerné par l’affichage en magasin du prix au kilogramme ou au litre. Perplexe devant le rayon rouges à lèvres de son magasin, la consommatrice ne peut s’en remettre qu’à sa calculette. À condition de bien maîtriser la règle de trois. Sans oublier un autre obstacle :  les rouges à lèvres ne peuvent pas être utilisés jusqu’au bout. Il reste toujours une certaine quantité de produit à l’intérieur du tube, dont on ne peut profiter qu’en se munissant d’un accessoire (comme un bâtonnet ou un pinceau) pour le récupérer. Pas pratique du tout, notamment en cas de retouche indispensable pendant la journée. Le laboratoire qui a analysé les produits de notre test a coupé les bâtons au ras du tube. Dans plusieurs cas, un tiers du rouge reste à l’intérieur et, pour le plus mal conçu, cette proportion atteint même la moitié ! D’où ce constat étonnant sur deux des rouges testés : alors que leur prix affiché va du simple au double, le prix au gramme utilisable est équivalent. Ensuite un autre facteur joue sur le prix réel : la tenue. Entre un produit irréprochable sur ce plan et un autre pour lequel de nombreuses retouches sont nécessaires, le coût à l’usage est différent.

La seule certitude, c’est que les prix grimpent plus vite que le pouvoir d’achat. Par curiosité, nous avons relevé ceux des rouges testés en 1999. D’accord, ce ne sont pas strictement les mêmes produits qu’aujourd’hui mais ils ne sont pas fondamentalement différents. Or, trois références de milieu de gamme (L’Oréal, Gemey, Bourjois) ont augmenté de 60  à 85 % tandis que le prix du Chanel a plus que doublé : +132 %.