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SANTE

Microbiote intestinal et compléments alimentaires

Notre microbiote intestinal a-t-il besoin de compléments alimentaires ?

Il est des mots et des sujets qui étaient l’affaire de spécialistes et qui aujourd’hui sont complètement vulgarisés. Par exemple, alors que nos intestins intéressaient essentiellement les médecins, notre microbiote intestinal fait aujourd’hui l’objet d’ouvrages en tête des ventes et toutes les pharmacies, parapharmacies et magasins bio proposent des probiotiques pour en prendre soin.

Alors, effet de mode ou avancée thérapeutique ?
Grâce à des ouvrages tels que L’intestin, notre deuxième cerveau ou Le charme discret de l’intestin, il y a eu une prise de conscience par le public du rôle joué par notre flore intestinale ou microbiote. Il contribuerait à prévenir ou à soigner l’obésité, les maladies inflammatoires de l’intestin, l’autisme ou la dépression. Riche de centaines de millions de neurones, l’intestin synthétise en effet nombre de composés actifs sur le système nerveux, comme la dopamine et envoie des informations au cerveau. Même s’il subsiste des inconnues, la recherche sur le rôle de notre microbiote intestinal est riche de promesses.
On a donc tout intérêt à protéger notre microbiote si l’on veut qu’il nous aide à éviter certaines pathologies, et l’industrie pharmaceutique l’a bien compris. Depuis le succès des livres et autres parutions sur le microbiote, on trouve dans les parapharmacies et les pharmacies, de très nombreux compléments alimentaires laissant penser qu’il s’agit de probiotiques qui sont selon l’Organisation Mondiale de la Santé des microorganismes vivants qui confèrent un bénéfice pour la santé lorsqu’ils sont consommés en quantité adéquate.

Les probiotiques peuvent donc avoir un bénéfice pour la santé.
Et il faut faire confiance à son médecin qui pourra en prescrire. Mais la quasi-totalité des produits que l’on appelle probiotiques sont des compléments alimentaires qui n’ont pas à faire la preuve de leur efficacité avant leur mise sur le marché. La seule contrainte pour les fabricants qui souhaitent revendiquer un effet santé c’est d’obtenir une autorisation de l’Agence européenne de sécurité des aliments, l’EFSA. Or, toutes les demandes d’allégations de ce genre pour ces produits ont jusqu’alors été rejetées, faute de preuves solides.

Alors, pour protéger son microbiote intestinal quand on ne peut pas faire confiance aux produits proposés dans les pharmacies et parapharmacies, il faut avoir des habitudes de vie qui préservent la flore intestinale ; Anecdote significative. Un professeur d’épidémiologie génétique au King’s Collège de Londres a demandé à son fils étudiant de manger exclusivement chez Mc Do pendant 10 jours. Les analyses de selles faites avant et après l’expérience ont été édifiantes. Son microbiote a été dévasté, raconte le chercheur qui a constaté une division de moitié des gentilles bifidobactéries.

Concrétement, il faut consommer des fibres de diverses origines : céréales complètes, fruits et légumes, légumineuses. On passe par exemple de 5 fruits et légumes par jour à 25 fruits et légumes différents par semaine. C’est un peu plus compliqué mais on peut y arriver. Et un peu de vin rouge de préférence bio serait également bénéfique au microbiote intestinal.
Et en dehors de l’alimentation, il faut veiller à son hygiène corporelle en  l’adaptant aux activités de la journée, à la température extérieure, à sa propre tendance à transpirer. Entre la douche savonnée et aucune toilette, on peut choisir un coup de gant limité aux endroits stratégiques ! L’éventail est large !
On bannit le gel antibactérien et on se lave les mains quand il y a une bonne raison : sortie des toilettes, repas, soin. On ne stérilise pas les biberons, un nettoyage soigneux suffit et on laisse son bébé crapahuter par terre. Et, bien sûr, on privilégie l’allaitement maternel.
Et attention ! Certains médicaments sont particulièrement agressifs pour notre microbiote intestinal.
On ne prend des antibiotiques qu’en cas de réelle nécessité. Des analyses pour voir si l’infection est bien bactérienne sont parfois possibles. D’autres médicaments, comme les IPP, les inhibiteurs de la pompe à protons, largement prescrits et pas toujours à raison sous le nom de Mopral ou d’Innexium pour prévenir les brûlures d’estomac et le reflux gastro-oesophagien semblent , eux aussi, n éfastes pour le microbiote intestinal