UFC-Que Choisir de la Drôme

Alimentation, Commerce, Environnement, Santé

« Champagne ! »

2018 n une bonne ‘a pas été une bonne année pour le champagne, mais une année « exceptionnelle » ! Les vignerons champenois sont sur un nuage depuis la fin des vendanges. Avec 14 000 à 15 000 kg récoltés en moyenne par hectare, l’objectif initial de 10 800 a été dépassé presque partout. Après plusieurs années de petites récoltes, les vignerons en ont profité pour reconstituer leur réserve, ce qui consiste à garder des vins en cuve les bonnes années pour compenser celles de vaches maigres.

Mais la production « verte » est marginale… Et sans être rabat-joie, il faut préciser que ces rendements ont été atteints avec des méthodes conventionnelles d’élevage de la vigne. Ils ne sont pas uniquement dus au climat favorable cette année – un hiver pluvieux ayant gorgé les sols d’eau, suivi d’un printemps et d’un été ensoleillés et très chauds. Mais les vignerons certifiés bio sont très rares en Champagne : seulement 1,9 % des 34 000 hectares de l’appellation.

… mais c’est une production de qualité selon l’UFC Que Choisir. Produire propre est pourtant possible, comme le prouve par exemple Christophe Lefèvre, mais surtout Hugues Godmé, engagé depuis 2006 en viticulture biologique et biodynamique. Autre flacon issu de la biodynamie, le brut réserve de Leclerc-Briant se hisse au même niveau qualitatif.

« Rendez-vous dans 6 ans » :  Ces précurseurs du bio seront, dans les prochaines années, rejoints par des vignerons en cours de certification. C’est le cas, dans la sélection de Que Choisir, des champagnes Marie Copinet et Heucq Père & Fils. Mais les vignerons doivent attendre six ans entre le début de la conversion au bio et la commercialisation des premières cuvées propres. La faute, notamment, à la durée de vieillissement du champagne, plus longue que celle des vins non effervescents. Cette conversion au bio est un pari sur l’avenir pour les vignerons, qui doivent accepter des pertes de rendement importantes. Certifié Haute Valeur Environnementale avec des expérimentations bio sur une quarantaine d’hectares, Pierre-Emmanuel Taittinger nous a confirmé qu’une viticulture sans herbicide, c’est 20 à 25 % de rendement en moins. Reste que si la prudence des vignerons est légitime, les grandes maisons, à elles seules, pourront être des locomotives pour ce passage au bio. Reportez vous donc au numéro de Que Choisir de décembre pour connaitre la sélection des meilleures marques pour les fêtes.